Les origines historiques (1791-1952)

La fondation par Pierre de Clorivière (1791)

L’histoire débute le 2 février 1791 avec Pierre de Clorivière, ancien jésuite du diocèse de Saint-Malo. En pleine Révolution française, il fonde la Société du Cœur de Jésus, une société religieuse innovante sans vie commune, ni habit, ni signe distinctif extérieur. La spiritualité ignatienne et la dévotion au Cœur de Jésus caractérisent cette nouvelle forme de vie consacrée “dans le siècle”.

Parallèlement, avec Adélaïde de Cissé, il crée la Société des Filles du Cœur de Marie pour les femmes, qui deviendra ensuite une congrégation religieuse.

La renaissance (1918)

Après avoir disparu au milieu du XIXe siècle, la Société du Cœur de Jésus renaît le 29 octobre 1918 grâce à l’abbé Daniel Fontaine, prêtre du diocèse de Paris. Elle se développe en France puis internationalement, proposant aux prêtres diocésains une spiritualité contemplative et active, profondément marquée par la tradition ignatienne.

La reconnaissance canonique (1952)

La constitution Provida Mater Ecclesia de Pie XII (1947) permet à la Société de devenir officiellement un institut séculier en 1952, affirmant son caractère spécifique de recherche de perfection évangélique dans la condition de prêtres diocésains.

L’évolution vers une famille spirituelle (1972-1996)

L’ouverture aux laïcs (1972)

Suite au concile Vatican II et après plusieurs années de débats, l’Institut séculier sacerdotal décide en 1972 de partager son charisme avec des laïcs. Des hommes et femmes, célibataires ou mariés, souhaitent vivre selon le charisme de l’Institut. Cette “triple mixité” (clercs et laïcs, hommes et femmes, mariés et célibataires) pose rapidement la question d’une structure canonique adaptée.

La structuration en famille (1996)

Après une période de recherche spirituelle et canonique intense, la famille Cor Unum adopte en 1996 une structure composée de quatre organismes :

  • L’Institut séculier des Prêtres du Cœur de Jésus
  • L’Institut séculier féminin du Cœur de Jésus
  • L’Institut séculier masculin du Cœur de Jésus (en formation)
  • La Société de Vie Évangélique du Cœur de Jésus

La situation actuelle

Structure canonique

Les trois instituts séculiers suivent le cadre canonique de la vie consacrée (canons 599-601 et 710-730). La Société de Vie Évangélique du Cœur de Jésus a été érigée en association publique de fidèles de droit pontifical par la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, reconnaissance qui souligne son originalité.

Caractéristiques de la Société de Vie Évangélique

Cette société se distingue par :

  • L’accueil de personnes mariées
  • La “triple mixité” comme source de fécondité spirituelle
  • L’appel à donner totalement sa vie au Seigneur selon son état de vie
  • Des engagements temporaires puis perpétuels par libre promesse

Organisation commune

Les quatre organismes partagent une vie commune forte : formation, revue, rencontres, finances, orientations internationales. Un directoire et un conseil fédéral assurent la gouvernance commune. La famille Cor Unum fonctionne actuellement selon un statut provisoire ad experimentum, sans reconnaissance canonique formelle.

Structure civile

Sur le plan du droit civil français, la famille a développé plusieurs structures :

  • Un syndicat professionnel pour l’Institut des Prêtres (années 1920)
  • Des associations loi 1901 pour les autres organismes
  • Une Fédération de la Famille Cor Unum regroupant les personnes morales